Trop souvent, le rôle clef joué par les sociétés de géographie et plus particulièrement la Société de Géographie de Paris, fondée en 1821, est resté écarté des questions coloniales.
Pourtant, si jusqu’en 1864, les principales activités de la société se résument au regroupement de connaissances géographiques et il est important de souligner que l’arrivée de Charles Maunoir en 1864, en sa qualité de secrétaire général de la société, marque un tournant majeur. En effet, les historiens n’hésitent pas à qualifier la période allant de 1864 jusqu’au début du XXe siècle, “d’ère Maunoir”, qui succède aux “géographes de cabinet”.
Après la guerre de 1870, l’inclusion d’hommes d’affaires, d’ingénieurs et de militaires dans les rangs de la Société de Géographie de Paris permet, à long terme, d’atteindre les quelque 2 500 adhérents dès 1880. C’est un véritable renouveau qui initie ces intellectuels, ces militaires et ces bourgeois à la cause coloniale.
Les explorateurs se retrouvent à la Petite Vache
Comme le rapporte Henri Malo, souvent cité par les historiens, mais toujours dans le prisme des activités de Charles Manoir et de la Société de Géographie, l’appétence de ce dernier pour l’exploration est un fait indéniable.
D’une part, les réunions hebdomadaires de La Petite Vache permettent à ces intellectuels de discuter des contrées lointaines d’Afrique et d’Asie, mais forment également cette génération aux idées coloniales. En effet, la géographie devient utilitaire et commerciale, les explorateurs sont dépêchés pour cartographier les régions qu’ils découvrent et transmettent ces informations, par courrier, ou à leur retour, aux sociétés, et plus particulièrement la Société de Géographie de Paris. S’ensuivent des conférences et des publications, d’abord, dans le Bulletin, puis, dans la presse coloniale, à partir de 1890.
Enfin, l’intérêt fondamental qui associe ces sociétés savantes et plus particulièrement la Société de Géographie de Paris, aux activités lobbyistes du “parti colonial”, se manifeste dans le financement des explorations.
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