Ernest Théodore Hamy, né à Boulogne-sur-Mer et décédé à Paris, est un anthropologue et ethnologue français. Il joue un rôle essentiel dans le domaine de l’anthropologie et de l’ethnographie. En 1878, Hamy fonde le musée d’Ethnographie du Trocadéro à Paris, qui contribue à la préservation et à l’étude des cultures du monde entier. En 1898, il cofonde la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée au Muséum national d’histoire naturelle, en collaboration avec Albert Gaudry et Georges Pouchet. Enfin, Ernest Hamy développe un intérêt grandissant pour l’américanisme et fonde la première société américaniste de France à Paris.

Anthropologue, ethnologue et fondateur du Musée d’ethnographie du Trocadéro

Né à Boulogne-sur-Mer le 22 juin 1842, Ernest-Théodore Hamy incarne l’un des visages les plus structurants de l’anthropologie et de l’ethnographie française à la fin du XIXe siècle. Médecin de formation, il évolue très tôt dans les cercles des sciences, où il contribue à poser les fondements méthodologiques et institutionnels d’une ethnographie moderne.

Des débuts marqués par l’archéologie et l’anthropologie médicale

En 1857, Ernest Hamy s’intéresse de très près à l’histoire de sa “petite patrie” et il accompagne son professeur, le chanoine et archéologue Daniel Haigneré, sur plusieurs chantiers de fouilles dans le nord de la France, notamment sur les sites mérovingiens de Pincthun. Devenu médecin, il entre en 1869 au contact direct de Paul Broca, dont il devient l’assistant, et s’oriente alors vers l’anthropologie. En 1872, il intègre le Muséum national d’Histoire naturelle comme aide-naturaliste auprès d’Armand de Quatrefages, à qui il succède à la chaire d’anthropologie en 1892. Il est également nommé correspondant de la Commission de topographie des Gaules en 1877. 

Le fondateur du musée ethnographique français

Ernest Hamy contribue de manière décisive à la reconnaissance de l’ethnographie comme discipline scientifique autonome. En 1878, il devient le premier conservateur du Muséum ethnographique des missions scientifiques du Trocadéro, une institution voulue par le ministère de l’Instruction Publique. Sous son impulsion, le musée devient un lieu de classement, de démonstration et de légitimation des savoirs coloniaux. Hamy établit des méthodes de tri, d’exposition et d’interprétation des objets et ses travaux influencent la classification des “races”. 

Une présence affirmée dans les réseaux savants de la rue Mazarine

Dans les années 1870 et 1880, Hamy fréquente activement les cercles de sociabilité savante réunis autour de Charles Maunoir à la crémerie de la Petite Vache, rue Mazarine. Hamy y croise Crevaux, Marche, Brazza, Ballay, avec lesquels il entretient des liens étroits. Il est le premier Boulonnais à intégrer ce cercle et devient un acteur clé de l’expansion des sciences : il soutient les initiatives et travaux de Charles Maunoir. 

Un savant voyageur, mais non un explorateur

Si Ernest Hamy effectue peu de missions de terrain, il mène néanmoins en 1887 une mission archéologique et ethnologique sur la culture berbère en Tunisie, qui marque l’unique véritable expérience ethnographique directe de sa carrière. Pour le reste, ses nombreux déplacements à l’étranger ont avant tout pour objectif la visite de musées ethnographiques, la participation à des congrès internationaux et l’entretien de liens avec ses homologues européens. Sa curiosité intellectuelle s’étend également vers l’Europe de l’Est : amateur de culture slave, Hamy acquiert en 1879, lors du Congrès d’anthropologie de Moscou. Sa notoriété et son travail, en font l’une des figures majeure des recherches ethnographiques.

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