Pierre Savorgnan de Brazza, né Rome et mort à Dakar, est un explorateur italien naturalisé français. Il est surtout connu pour ses expéditions en Afrique centrale, où il a exploré la rive droite du fleuve Congo, ouvrant ainsi la voie à la colonisation française en Afrique équatoriale.

Officier de marine, explorateur de l’Afrique équatoriale

Né à Castel Gandolfo (États pontificaux) le 26 janvier 1852, Pierre Savorgnan de Brazza est une figure centrale de l’expansion française en Afrique au tournant des XIXe et XXe siècles. Naturalisé français et formé à l’École navale de Brest, il explore une partie de l’Afrique. 

Une rencontre bienfaitrice : Charles Maunoir, la rue Mazarine et les réseaux savants

En 1874, alors jeune officier, Brazza fréquente les milieux savants de la petite Vache, grâce en partie à Charles Maunoir, alors secrétaire général de la Société de géographie de Paris. Maunoir, figure centrale des réseaux savants favorables à l’expansion des connaissances scientifiques, est un relais puissant entre les explorateurs de terrain et les institutions. Il devient son principal soutien, aux côtés de Louis Raymond de Montaignac, à Paris, et l’introduit dans les cercles politiques et savants. Grâce à ses connaissances, Brazza bénéficie non seulement d’un appui politique et scientifique, mais aussi des actifs réseaux qui plaident en la faveur de l’expédition au Gabon. Un projet auquel le ministère de la Marine et des Colonies émet de sérieuses réserves. 

L’expédition de 1875 : explorer l’Ogooué et ouvrir une voie vers le Congo

En 1875, Brazza obtient les financements et l’autorisation officielle, signée des mains de Montaignac, pour conduire une mission d’exploration scientifique au Gabon, mission placée sous l’égide de la Commission des voyages et missions scientifiques. Objectif : remonter le fleuve Ogooué, identifier ses sources, collecter des données géographiques et ethnographiques, et évaluer les possibilités de pénétration vers le bassin du Congo. Arrivé à Libreville, il s’appuie sur les informations et les renseignements fournis par Victor de Compiègne, qui devait originellement mener l’expédition. De Compiègne lui transmet ses carnets, ses cartes, ses observations. Cette première expédition — modeste dans son étendue géographique — est un succès diplomatique et scientifique. Brazza collecte des données essentielles sur les populations locales, les configurations fluviales, la faune et la flore. Il confirme la possibilité d’un accès par voie d’eau jusqu’au Congo, ouvrant ainsi une alternative au projet britannique ou belge d’hégémonie commerciale dans la région. 

Une figure sainte de l’expansion coloniale française

Loin de représenter un refus de la colonisation, Brazza incarne une autre manière de l’envisager : fondée sur le dialogue, la diplomatie et le progrès scientifique. Cette posture, valorisée à Paris par Charles Maunoir et la Société de géographie, permet à la France d’afficher une image plus « morale » de son impérialisme. Une image positive abondamment relayée ensuite par la propagande du “parti colonial”. Brazza mène plusieurs autres missions dans les années suivantes, jusqu’à fonder la ville de Brazzaville en 1880. Il devient gouverneur du Congo français (1886–1897), puis inspecteur général des colonies avant sa mort à Dakar en 1905.

Résumé de ses missions…

– Première mission (1875-1878) : avec une petite équipe, trois Européens, quelques tirailleurs d’escorte, ils remontent l’Ogooué, atteint le plateau des Batckés et reconnaît des rivières qui coulent vers l’est et le sud-est.

– Seconde mission (1879-1880) : ayant compris, par les récits de Stanley, que le Congo, était l’étendue d’eau dont il avait eu écho, il repart fin 1879. Remontant encore l’Ogooué, il fonde Franceville et atteint le Congo. Ses excellents rapports avec les autochtones lui permettent de faire signer un traité de protectorat à Makoko. Sur la rive droite il fonde un petit poste qui deviendra Brazzaville, ayant devancé Stanley, pour prendre possession au nom de la France d’un immense territoire. A son retour vers le Gabon, il se rend compte que l’axe Kouilou-Niari est le meilleur pour rejoindre la mer.

– Troisième mission (1883-1885) : ses résultats lui ont acquis une certaine notoriété. Il repart avec des moyens supplémentaires en tant que « Commissaire du Gouvernement de la République française dans l’Ouest africain». Avec ses compagnons, il poursuit l’exploration de l’Ogooué, de l’Alima, du Congo et de l’Oubangui.

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