David Livingstone naît le 19 mars 1813 à Blantyre, en Écosse, dans une famille ouvrière liée à l’industrie cotonnière. Il travaille lui-même dès l’adolescence dans une filature, tout en poursuivant parallèlement une formation autodidacte qui lui permet d’étudier la médecine et la théologie à Glasgow. En 1840, il part pour l’Afrique australe comme missionnaire de la London Missionary Society et s’installe progressivement dans les territoires de l’actuel Botswana et de l’Afrique du Sud. À partir de 1849, ses activités missionnaires s’accompagnent d’explorations systématiques : il atteint le lac Ngami, explore le cours supérieur du Zambèze, puis entreprend entre 1853 et 1856 une traversée du continent de l’intérieur de l’Afrique australe jusqu’à Luanda, sur la côte atlantique, avant de rejoindre la côte orientale à Quelimane. Ces voyages font de lui à la fois un missionnaire, un observateur scientifique et un explorateur, dont les écrits contribuent largement à diffuser en Europe une connaissance nouvelle de l’Afrique australe et centrale.
L’Afrique comme horizon (1841-1873)
Livingstone arrive en Afrique australe en 1841 comme missionnaire de la London Missionary Society. Il s’installe successivement dans plusieurs stations du Bechuanaland et cherche rapidement à établir des missions plus à l’intérieur des terres. La célébrité de Livingstone repose avant tout sur ses grandes explorations de l’Afrique centrale, et notamment sur son voyage de 1853-1856 au cours duquel il remonte le Zambèze et atteint, le 16 novembre 1855, une immense cataracte qu’il baptise « Victoria Falls », du nom de la reine Victoria. Plus largement, ses itinéraires contribuent à renouveler considérablement la connaissance géographique de l’intérieur de l’Afrique, notamment par ses relevés du Zambèze et des territoires qui l’entourent. Son retour en Grande-Bretagne et la publication de Missionary Travels and Researches in South Africa en 1857 le transforment en véritable célébrité victorienne.
De 1858 à 1864, il dirige ensuite la Zambesi Expedition, destinée à étudier le Zambèze et ses affluents et à rechercher des voies permettant de développer le commerce et les missions tout en combattant la traite esclavagiste ; cette expédition, aujourd’hui étudiée comme une entreprise à la fois missionnaire, scientifique et impériale, permet notamment l’exploration du lac Nyasa (Malawi). Enfin, son dernier grand voyage, commencé en 1866, est consacré à la recherche des sources du Nil ; c’est au cours de cette période qu’il rencontre Henry Morton Stanley à Ujiji en 1871, épisode qui contribue encore davantage à sa célébrité internationale.
La dernière phase de sa carrière est consacrée à l’Afrique centrale et à la recherche des sources du Nil. En 1866, Livingstone entreprend sa dernière expédition avec l’ambition de déterminer l’hydrographie de l’Afrique centrale et, en particulier, de résoudre la question des sources du Nil, qui demeure l’un des grands problèmes géographiques du XIXᵉ siècle. Ses recherches le conduisent vers les lacs Nyasa, Tanganyika et Mweru, puis vers le Lualaba. Son voyage devient progressivement extrêmement difficile : il est isolé, ses ressources diminuent et les informations qui parviennent en Europe laissent croire qu’il a disparu. C’est dans ce contexte que le journaliste et explorateur Henry Morton Stanley le retrouve à Ujiji en novembre 1871. Contrairement à une légende longtemps entretenue, Livingstone ne rentre pas en Europe après cette rencontre : il choisit de poursuivre ses recherches et meurt en Afrique en mai 1873. Ses derniers journaux montrent par ailleurs qu’il s’appuyait largement sur les connaissances géographiques fournies par ses informateurs africains, ce qui conduit aujourd’hui les historiens à réévaluer la conception traditionnelle de l’explorateur « découvrant » seul l’intérieur du continent.
L’anglophilie des cercles français
Pour David Livingstone, la Société de géographie de Paris constitue un véritable point de contact entre Livingstone et les milieux savants français. La Société publie dès 1857 une carte de ses explorations de 1849 à 1856, réalisée par Victor-Adolphe Malte-Brun, et lui décerne la même année sa Grande Médaille d’or des explorations. L
Dès septembre 1853, alors qu’il se trouve en Afrique, il adresse une lettre à la Société de géographie de Paris, publiée dans son Bulletin en 1854 ; après son retour, ses travaux sont récompensés en 1857 par la Grande Médaille d’or des explorations, et deux lettres adressées à Edme-François Jomard, alors l’une des figures importantes de la géographie française, témoignent directement de cette relation avec l’institution parisienne. De même que son premier grand récit est traduit en français par Henriette Loreau et publié chez Hachette à Paris en 1859, sous le titre Explorations dans l’intérieur de l’Afrique australe et voyages à travers le continent. L’ouvrage connaît ensuite plusieurs éditions et contribue fortement à faire connaître Livingstone au public français. Sa deuxième grande relation de voyage paraît également chez Hachette en 1866.
Sa place dans les cercles de sociabilité parisiens et de la rue Mazarine. Livingstone occupe une place réelle dans les réseaux savants parisiens, même si les sources ne permettent pas de le considérer comme un habitué des sociabilités mondaines de la capitale. En 1869, Livingstone devient également membre correspondant de l’Académie des sciences, dans la section de géographie.
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