Henri Duveyrier, né à Paris, est un voyageur et géographe français, connu pour son exploration du Sahara. Issu d’une famille noble originaire du Languedoc, il est destiné à une carrière dans le négoce, mais sa passion pour l’exploration le conduit à se consacrer aux voyages en Afrique. En 1857, il effectue un court voyage d’essai en Algérie, sous la direction du géographe Oscar Mac Carthy. Plus tard, il passe deux ans et demi chez les Touaregs, devenant ainsi le premier Européen à les connaître. Mais le 25 avril 1892, Duveyrier s’éloigne de sa maison de Sèvres (Hauts-de-Seine), s’assit au pied d’un arbre et se tira une balle de revolver dans la tête.

L’idéal du saint-simonisme rencontre la géographie d’empire

Né à Paris le 28 février 1840, Henri Duveyrier grandit dans un milieu intellectuel marqué par le saint-simonisme et l’ouverture aux idées de réforme sociale. Très tôt attiré par l’Afrique du Nord, il entreprend son premier grand voyage au Sahara en 1859, à l’âge de dix-neuf ans.

Un jeune explorateur nourri d’idéaux humanistes

Henri Duveyrier (1840–1892) figure parmi les acteurs notables de la construction d’une géographie d’empire dans la France républicaine de la seconde moitié du XIXe siècle. Explorateur du Sahara, il est issu d’un milieu intellectuel imprégné de saint-simonisme et s’inscrit dès ses premières années dans une démarche de connaissance des sociétés sahariennes. En 1864, à l’âge de vingt-quatre ans, il publie Les Touareg du Nord, ouvrage fondé sur un séjour de plusieurs années dans le désert, où il mobilise des outils d’observation ethnographique articulés à une conception pacifique et universaliste des échanges culturels. Cette première publication lui permet d’acquérir une notoriété de “Grand Saharien”.

La Petite Vache : sociabilité savante et collaboration stratégique

Henri Duveyrier trouve un écho favorable auprès de Charles Maunoir (1830–1899), médecin d’origine suisse, secrétaire général de la Société de géographie et acteur central de la sociabilité savante parisienne. À partir des années 1870, Duveyrier fréquente régulièrement les réunions informelles organisées rue Mazarine, à la crémerie de la Petite Vache, qui rassemblent explorateurs et membres des sociétés savantes. Maunoir identifie en Duveyrier une figure d’autorité en phase avec les préoccupations du moment, articulant engagement républicain, approche scientifique et références spiritualistes.  C’est d’ailleurs pour cette raison que les deux hommes se retrouvent, en même temps, dans la Commission des voyages et à la Société de Géographie de Paris. Leur collaboration prend la forme d’un appui institutionnel : Maunoir soutient les projets de Duveyrier et lui permet d’intégrer les milieux savants et politiques.  Dans ce contexte, les écrits de Duveyrier participent à légitimer l’idée selon laquelle la connaissance des sociétés et des territoires sahariens constitue une condition préalable à l’affirmation d’une présence française durable en Afrique du Nord, raison pour laquelle il est souvent sollicité : pour son expertise. 

Duveyrier met fin à ses jours en 1892. Charles Maunoir, pour sa part, poursuit son œuvre de structuration des savoirs jusqu’à sa mort en 1901, assurant la transmission entre les pionniers des années 1860 et le renouvellement de ces milieux, vers le politique. 

Pour aller plus loin

Votre commentaire